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Noblesse & Féodalité

 
 
Noblesse & Féodalité

Abréviations
S. — Seigneurie
B. — Baronnie
V. — Vicomté
C. — Comté
M. — Marquisat
D. — Duché
D.-P. — Duché-Pairie
P. — Principauté
Châtell. — Châtellenie

Héraldique
Notre base comporte le blason de la plupart des familles ayant possédé fief ainsi que de nombreuses autres familles nobles, bourgeoises et roturières !

 
Au Blason des Armoiries : héraldique, féodalité, noblesse, armoiries
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Dictionnaire des fiefs, terres, seigneuries… : Introduction

Au Blason des Armoiries
 
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Mise à jour le 27 août 2008 - 2 069 fiefs / env. 15 000

 

L'histoire de la France est à refaire, et ce qui le prouve, c'est que, depuis quelques années, c'est à qui fournira les éléments destinés à cette grande œuvre, qui sera complète lorsqu'elle contiendra non seulement le récit des faits et gestes des souverains qui ont régné en France depuis la conquête des Gaules, — mais encore l'historique du moindre coin de terre qui de nos jours s'appelle tout simplement un hameau ou une commune, — et qui, autrefois, n'en était rien moins qu'un fief, c'est-à-dire un petit royaume dans le grand, — dont les possesseurs avaient, par le seul fait de cette possesssion, des droits seigneuriaux et des privilèges considérables, — relevant du roi ou des seigneurs particuliers.

Les fiefs ont disparu, les droits y attachés se sont évanouis, — aujourd'hui c'est un souvenir, — mais ce fut pendant des siècles une réalité. — La puissance féodale fut le moteur de tous les grands événements politiques intérieurs.

Fouillez les archives départementales, interrogez les parchemins enfouis dans la poussière du passé, et vous trouverez le secret de bien des faits inexpliqués et dont les causes sont restées à l'état d'énigmes.

L'histoire de la France ! mais c'est la réunion de toutes celles des provinces, — comme l'histoire des provinces, c'est celle des fiefs et des grandes familles qui les reçurent, les gagnèrent, les vendirent, — les aliénèrent ou les cédèrent à la couronne de France.

Tout le monde sait qu'il y eut jadis des ducs de Normandie, de Bretagne, d'Aquitaine, — mais qui s'inquiète du seigneur de tel ou tel village, et cependant qui niera l'utilité d'un vaste répertoire géographique indiquant, en regard du nom de chaque lieu, — l'importance féodale qu'il avait jadis et la liste de tous ceux qui en furent seigneurs et maîtres ?

Aux historiens, ce travail offrirait une source de renseignements inconnus.

Aux familles, il servirait à constater une possession passagère ou continue et équivaudrait à un chartrier rempli d'actes de propriété.

C'est un travail de ce genre qui nous a séduit, — par cela même qu'il était presque impossible, — et, armé de la patience d'un bénédictin, — nous avons commencé par relever çà et là, — un peu partout, — des noms de terres et des noms de seigneurs ; — nous avons feuilleté tous les vieux livres traitant des fiefs, dont on trouvera la nomenclature dans la Bibliothèque héraldique de la France de M. Joannis Guigard ; — nous avons mis a contribution l'obligeance de M. d'Assier de Valenches, à qui l'on doit un magnifique ouvrage sur les fiefs du Forez, — et nous sommes parvenu à réunir environ 20 000 cartes contenant des renseignements relatifs à un même nombre de terres seigneuriales ou titrées.

Il nous eût été facile, arrivé là, de pousser plus loin nos investigations et d'augmenter considérablement ce nombre déjà fort respectable ; il nous eût été aussi non moins facile de consacrer une notice de quelques lignes aux grands fiefs.

Et cependant nous ne l'avons pas fait, parce que nous n'avons nullement cherché à offrir aux bienveillants lecteurs à qui nous devons le succès de nos livres héraldiques, — et que nous sommes heureux de pouvoir remercier, — un ouvrage entier, achevé et surtout exempt d'erreurs ; — c'eût été folie que de le tenter ; nous avons préféré suivre une autre voie.

Nous avons voulu soumettre au public, — connaissant sa mansuétude à notre égard, — le produit de nos premières recherches, — faites sans ordre établi, — nous promettant bien, si l'accueil fait à ce livre répond à notre espoir, — de le compléter à l'aide des renseignements que nous prions instamment chaque famille noble de vouloir bien nous adresser.

Les grands fiefs, — nous serons toujours à même de nous occuper d'eux, d'ailleurs, nous l'avons déjà dit, — tout le monde les connaît ; —mais ce sont les plus minces seigneuries qui nous intéressent davantage ; plus elles sont ignorées, plus nous nous sentons pris du désir de savoir quelque chose sur leur compte.

Quand nous l'avons pu, nous avons signalé dix possesseurs consécutifs d'une seigneurie, — nous avons indiqué la date d'érection pour les terres titrées, — mais souvent nous n'avons, à notre grand regret, mentionné qu'un seul nom, une seule date ; — c'est tout ce que nous savions.

On nous reprochera peut-être une orthographe vicieuse dans les noms de terres ; — nous avons scrupuleusement conservé celle que nous avons rencontrée dans les titres ou les ouvrages où nous avons puisé.

On relèvera probablement aussi de fausses indications provinciales, — nous avons pu nous tromper, — mais nous avons été très étonné nous-même de rencontrer ces indications et nous avons cru devoir les laisser subsister, — et, bien qu'il soit avéré que telle ville appartient à l'ancienne province de la Bourgogne, par exemple, et non à celle du Languedoc, — nous n'avons pas osé prendre sur nous la rectification, par la raison que nous avons remarqué bon nombre de noms de seigneuries doublés et existant dans deux provinces, bien que les géographies anciennes ou modernes n'en mentionnent qu'un.

Nous terminons en répétant que ce Dictionnaire n'est que le préliminaire d'un gigantesque recueil que nous ferons, s'il plaît à Dieu, et qu'on doit le considérer comme un spécimen seulement. Si telle famille a possédé, à quelque époque que ce soit, une terre dont le nom figure dans l'ouvrage et que nous ne l'ayons pas indiquée, qu'elle veuille bien nous adresser une note rectificative et nous ne manquerons pas d'y faire droit, s'il y a lieu, dans les éditions qui suivront celle-ci, — en admettant que la faveur du public les rende nécessaires.

H. Gourdon de Genouillac

Paris, 15 janvier 1862

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